Palazzo noturno

45 × 50 cm
Une tapisserie du soir, effleurée par la lumière du matin.
Le brun profond porte les volutes dorées comme une nuit tient ses étoiles. À gauche, un bleu de ciel perce, comme si l'aube commençait à traverser la muraille. L'or affleure partout, discret, obstiné.
Deux temps cohabitent sur la même toile. La nuit qui se souvient, le matin qui commence. Aucun des deux ne triomphe. Ils se tiennent, comme deux siècles qui se seraient donné rendez-vous.
Le grattoir n'a pas cherché à clarifier. Il a laissé la pénombre garder son mystère. Ce qui monte, ce qui descend, ce qui persiste. Tout est là, contenu dans la même surface.
Une vie contemplative ressemble à cette toile. Elle n'attend pas la lumière pour se déployer. Elle sait qu'elle est déjà là, sous la nuit, attendant l'angle juste.
L'aube monte à travers la nuit.
Matière, acrylique, feuille d'or, motifs baroques en relief. Wabi-sabi. Peindre l'ombre. Sculpter la veille.


